dimanche 29 mars 2020 à 20h

appel à la libération des personnes enfermées en centres de rétention administrative ou dans les zones d'attente aux frontières.

L'Observatoire de l'enfermement des étrangers appelle à la libération des personnes enfermées en centres de rétention administrative ou dans les zones d'attente aux frontières.

La tension monte. Dans les centres de r√©tention administrative (CRA), des centaines de personnes √©trang√®res attendent encore leur lib√©ration. Faute d'une d√©cision de fermeture stricte de tous les lieux de r√©tentions - permettant d'enfermer les ¬ęsans-papiers¬Ľ en vue d'une expulsion - exig√©e par le gouvernement, certaines juridictions ont ordonn√©, ces derniers jours, des dizaines de remises en libert√©. Certains centres, presque vides, restent cependant ouverts. D'autres ne d√©semplissent pas, ou peu, et l'incompr√©hension demeure. Au regard de la loi, ¬ę¬†une personne √©trang√®re, n'ayant commis aucune infraction, ne peut √™tre retenue qu'en vue d'une expulsion¬†¬Ľ, souligne David Rohi, responsable r√©tention √† La Cimade. Or, depuis quelques jours, les expulsions ne sont plus envisageables. Face √† la crise sanitaire mondiale provoqu√©e par le virus Covid-19, les retours dans les pays d'origine repr√©sentent trop de risques de propagation du virus. Par ailleurs, la plupart des lignes a√©riennes ont √©t√© suspendues. Pour le responsable de La Cimade, ¬ęnous sommes donc l√† dans une situation d'enfermement abusive¬Ľ.

Libération immédiate des retenu.es

Puisque rien ne justifie les enfermements, une dizaine d'organisations et d'associations regroup√©es au sein de l'Observatoire de l'enfermement des √©trangers (OEE) ont appel√©, mercredi 18 mars, √† la ¬ę¬†lib√©ration imm√©diate¬†¬Ľ toutes les personnes retenues. Une exigence ¬ę¬†absolue¬†¬Ľ, tant ¬ę¬†juridique que sanitaire¬†¬Ľ. Dans son communiqu√©, l'Observatoire d√©nonce notamment le manque de mesures pour prot√©ger les retenu¬∑es et les personnes qui y travaillent comme l'absence de protocole sanitaire pour permettre de d√©pister d'√©ventuelles personnes porteuses du coronavirus.

¬ę¬†Imaginez-vous √™tre enferm√©.e √† l'int√©rieur d'un centre o√Ļ il n'existe aucune "mesures barri√®res" ni rien pour se prot√©ger, un lieu o√Ļ les personnes continuent de manger ensemble au r√©fectoire et vivent dans la plus grande promiscuit√©, sans gants ni masques, s'indigne David Rohi. √áa commence √† √™tre tr√®s compliqu√© pour ces personnes et c'est tr√®s angoissant. ¬Ľ Ce mercredi matin, en d√©pit de toutes les recommandations gouvernementales visant √† contenir le virus, pr√®s de 900 personnes √©taient encore enferm√©es dans les CRA et une cinquantaine d'autres maintenues en zones d'attentes (ZA).

¬ę¬†Des lib√©rations individuelles ont √©t√© prononc√©es par des juges, mais ce ne sont pas les consignes du minist√®re de l'Int√©rieur, continue David Rohi. Ce que l'on nous confirme, c√īt√© pr√©fecture et c√īt√© police, c'est que le fonctionnement des CRA est maintenu. ¬Ľ De nouveaux placements en r√©tention ont m√™me √©t√© effectu√©s ces derniers jours, entravant le confinement des lieux des personnes d√©j√† pr√©sentes, les exposant potentiellement au virus. Interrog√©e par l'AFP, Laure Palun, directrice de l'Association nationale d'assistance aux fronti√®res pour les √©trangers (Anaf√©) d√©nonce le ¬ę¬†contraste entre les mesures drastiques mises en place pour la population g√©n√©rale et l'insuffisance voire l'absence de mesures pour les √©tranger¬∑es¬†¬Ľ.

Adeline Hazan, la contr√īleuse g√©n√©rale des lieux de privation de libert√© a, elle aussi, demand√© au gouvernement et au minist√®re de l'Int√©rieur la fermeture de tous les lieux de r√©tention, estimant que l'√Čtat manquait √† son ¬ę¬†obligation de prot√©ger √† la fois ses agents et les personnes qu'il a lui-m√™me sous sa garde¬†¬Ľ. Pour l'heure, seuls les pr√©fets de Guadeloupe (971) et des Pyr√©n√©es-Atlantiques (64) ont d√©cid√© la fermeture des CRA install√©s dans leur d√©partement.

Source : message reçu le 20 mars 12h